AVANT-PROPOS:

 

 

 

 

C'est le travail effectué régulièrement par des enfants de moins de 15 ans . Parmi les cas les plus honteux de cette exploitation, on a vu travailler des enfants qui avaient à peine quatre ou cinq ans. On pense souvent que le travail des enfants a pratiquement disparu avec le XIXème siècle ; pourtant, les enfants mis au travail plutôt qu'à l'école sont innombrables. Dans beaucoup de pays, le travail des enfants est devenu un élément structurel de l'économie surtout dans le secteur informel.

Pour beaucoup de chefs d'entreprises, l'intérêt du secteur informel est qu'il n'est pas réglementé, ce qui facilite l'exploitation de la main-d’œuvre. D'après l'Organisation internationale du travail (OIT), il occupe maintenant plus d'enfants que l'agriculture en raison des phénomènes d'exode rural et de décentralisation des unités de production (Rapport du Département américain du Travail, 1994).

Les tâches confiées aux enfants sont extrêmement variées : cela va des travaux agricoles aux services, au travail à domicile, en usine et en magasin en passant par la vente de rue, le travail dans les mines et carrières, dans la construction et tout un éventail d'activités. De même, des dizaines de milliers d'enfants sont contraints de travailler dans l'industrie du sexe un peu partout dans le monde.

Le travail des enfants se caractérise généralement par des salaires très bas, voire une absence de rémunération, par des horaires très longs, un milieu insalubre et l'absence de sécurité matérielle et sociale. Des milliers d'enfants sont enlevés pour être revendus et réduits à l'esclavage, dépourvus des droits les plus élémentaires et constamment maltraités physiquement et psychologiquement.

Les produits fabriqués par les enfants sont en vente dans des magasins - petits ou grands - à chaque coin de rue de la planète.

 

ESTIMATIONS:

On peut difficilement évaluer l'ampleur du problème, surtout parce que le travail des enfants est avant tout clandestin, à cause des lacunes des statistiques et du fait que les employeurs concernés et beaucoup de gouvernements cherchent surtout à éviter la publicité. D'après l'OIT, plus de 18% des enfants de 10 à 14 ans travaillent (soit près de 100 millions). D'autres estimations citent un chiffre total de près de 200 millions d'enfants de moins de 15 ans (estimations mondiales).

 

 

 

C'est souvent la pauvreté qui pousse les enfants à travailler. Surtout lorsque le chômage est élevé chez les adultes et qu'il n'y a pas de sécurité sociale, les familles sont parfois amenées à laisser leurs enfants travailler, ne fût-ce que pour survivre. Du fait de ses conséquences sur leur santé et leur éducation, le travail des enfants est aussi un grand facteur de pauvreté qui engendre un cercle vicieux auquel il semble impossible d'échapper. Beaucoup de parents d'enfants travailleurs d'aujourd'hui ont eux-mêmes travaillé dans leur enfance et ne trouvent pas de travail comme adultes. Si rien n'est fait, la nouvelle génération va suivre le même chemin.

Souvent aussi, le travail des enfants est associé à d'autres violations des droits humains, et en particulier les droits fondamentaux des travailleurs de créer des syndicats et de négocier collectivement avec les employeurs. Face à des syndicats forts, les employeurs dénués de scrupules ont plus de mal à exploiter impunément des enfants. Certains invoquent les "qualités exceptionnelles" de la main-d’œuvre enfantine, leurs "doigts de fée" et leur dextérité. Mais ce n'est pas là, la vraie raison pour laquelle certains employeurs exploitent les enfants. La vérité est que les enfants sont sans défense et qu'ils peuvent être exploités pratiquement à l'infini.

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