II)L'Action contre le travail des enfants:

 

 

Le mouvement syndical considère que, le travail des enfants doit être totalement éliminé pour éviter qu'il ne devienne un facteur de l'économie mondiale du XXIème siècle. Les syndicats sont résolument déterminés à lutter contre l'exploitation des enfants à des fins commerciales et contre les abus les plus criants comme la prostitution et l'esclavage des enfants.

Chaque pays est concerné, soit parce que les enfants sont nombreux à y travailler, soit parce que des produits fabriqués par des enfants sont vendus chez eux. Une action internationale n'a de chance d'être efficace que si tous les pays prennent des mesures.

 

1) ACTION NATIONALE

Voici une liste de mesures qui pourraient et devraient être prises au niveau national :

La première chose à faire est de reconnaître les dimensions du problème; trop de pays sont encore prêts à fermer les yeux sur le travail des enfants. La recherche sur l'importance du phénomène est un grand point de départ.

De toutes les actions destinées à lutter contre le travail des enfants, la plus importante est sans doute que les pouvoirs publics accordent au financement de l'enseignement la priorité qui lui revient, surtout à l'enseignement primaire, d'autant plus que même des pays très pauvres arrivent à réunir des sommes énormes pour des achats militaires en ne laissant que des miettes pour l'école.

Presque tous les pays ont des lois interdisant le travail des enfants; or, ils sont trop peu nombreux à faire respecter ces lois où à inspecter les lieux de travail où il y a un problème de travail des enfants. Il faut que ceux qui tirent profit de l'exploitation des enfants assument toutes les conséquences de leurs actes.

Il faut que des initiatives soient prises au niveau local pour confier à des chômeurs adultes les emplois actuellement occupés par des enfants, avec un encadrement financier qui permette aux enfants d'aller à l'école.

Il faut que les gouvernements prennent des mesures pour stopper le commerce international des produits fabriqués par des enfants. Cela implique de promouvoir des labels garantissant que le produit n'a pas été fabriqué par des enfants (comme le label RUGMARK pour les tapis), de retirer les concessions commerciales aux pays qui tolèrent de façon continue le travail des enfants et de prendre des mesures contre les multinationales qui exploitent la main-d'oeuvre enfantine, que ce soit directement ou par le biais de leurs sous-traitants. Il faudrait aussi que les gouvernements adoptent des lois plus sévères contre l'exploitation des enfants à l'étranger, suivant en cela l'exemple de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la Suède qui ont voté des lois de ce type à propos de l'exploitation sexuelle d'enfants par leurs ressortissants dans d'autres pays.

Il faudrait que tous les gouvernements ratifient et mettent en oeuvre les conventions correspondantes de l'OIT. Les programmes d'assistance technique de l'OIT, et en particulier le Programme international pour l'abolition du travail des enfants, sont d'un intérêt considérable pour les pays qui voudraient agir efficacement contre le travail des enfants et les autres violations des droits fondamentaux.

 

 

2) ACTION INTERNATIONALE

Une clause sociale prévoyant une coopération entre l'OIT et l’Organisation mondiale du commerce permettrait de pénaliser les pays qui ne font rien contre le travail des enfants tout en garantissant l'absence de toute entrave aux échanges commerciaux de ceux qui prennent des mesures pour l'éliminer. Outre le travail des enfants, cette clause sociale devrait porter sur les droits syndicaux, la discrimination et le travail forcé.

SOCIETES MULTINATIONALES

Il faut faire pression sur les entreprises pour qu'elles fassent en sorte que leur production ne recoure à aucun stade à de la main-d'oeuvre enfantine et qu'elles adoptent et fassent appliquer des codes de conduite internes par lesquels elles s'engagent à ne pas permettre les violations des droits fondamentaux à quelque niveau que ce soit de leur structure, dans leurs filiales ou de la part de leurs sous-traitants. Il faudrait de toute évidence que soit réglementée au niveau international l'activité des multinationales.

Chacun peut prendre des mesures pour stopper le travail des enfants en refusant d'acheter des produits fabriqués par des enfants et réclamer la présence de labels garantissant qu'aucun enfant n'est intervenu dans la production de produits pour lesquels on sait qu'il y a problème en la matière.

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